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  La JA Vichy redresse la tête et quitte la zone rouge en s'imposant face à Cholet (68-57). La bonne série devra continuer à Hyères-Toulon samedi prochain...  
 

Jean-Louis Borg
Interview réalisée le 27 août 2005
Propos recueillis par Julien Favé

Vos débuts
Je suis né à Maisons-Alfort mais j'ai toujours vécu dans le sud. Je suis issu d'une famille de basketteurs puisque mes parents ont été pendant de très longues années les chevilles ouvrières de l'ASPTT Toulon. Mes parents y étaient entraîneurs et dirigeants, mes soeurs jouaient déjà au basket et dès l'âge de 4 ans, je m'y suis mis avec beaucoup de passion. J'y suis resté jusqu'à 14 ans.

L'OS Hyères
En minimes 2 e année, j'ai été contacté par des dirigeants hyèrois et ça a été mon premier départ puisque je quittais le club où j'avais passé toute mon adolescence. Je suis rentré en tant qu'interne dans la catégorie cadet et j'y ai joué jusqu'à l'âge de 25 ans. On était arrivé jusqu'à la NM2, l'équivalent de la N1 aujourd'hui, avec un titre de champion de France de N3 en 1983 ainsi qu'une Coupe de France contre St Quentin en 1985. J'ai été présélectionné en équipe nationale cadets mais ça ne s'est pas concrétisé car, à l'évidence, il y avait meilleur que moi à ce poste.


Votre carrière arbitrale
Issu d'une famille de basketteurs, tout ce qui avait attrait à ce sport m'intéressait. Lorsque j'ai quitté Toulon en minimes, je commençais déjà à entraîner les poussins de mon club. Et comme mon père entraînait le soir les seniors féminines, il me demandait d'arbitrer les oppositions. J'ai toujours souhaité jouer, entraîner et arbitrer. Le corps arbitral me prédisait un bel avenir, j'ai donc fait le choix d'arrêter ma carrière de joueur pour me consacrer uniquement à l'arbitrage, tout en continuant d'entraîner les équipes de jeunes du HTV. C'est à cette période que j'ai passé tous les examens d'arbitre qui m'ont permis d'officier en NF1 (LFB aujourd'hui) et en NM2 (N1 aujourd'hui) .

Le HTV
La fusion entre les deux clubs phares du département, l'OS Hyères et le CS Toulon, intervient en 1990 ce qui a permis de regrouper les finances et de monter en ProB dès la première année. J'étais alors arbitre et entraîneur des minimes France. Un groupe que j'ai suivi de longues années et avec lequel on a quand même joué cinq finales de championnat de France, une en benjamins, deux en minimes et deux en cadets, toutes perdues ! Mais sans regrets car on était déjà très content d'arriver en finale du championnat de France et on a été toujours battu par plus fort que nous.

Quand j'ai décidé d'arrêter l'arbitrage, j'avais la responsabilité des cadets France et des espoirs ProB ainsi que l'assistanat des pros, coachés à l'époque par Pierre Galle.

J'ai pris sa succession en 1994 et depuis 10 ans j'avais la responsabilité de l'équipe pro avec 6 saisons en ProB et 4 en ProA pour finir avec une première qualification en playoffs en 2005. Mon départ pour Vichy mets fin à 27 ans d'une vie sportive consacrée à ce club. Evidemment, pendant toutes ces années, il y a eu de bonnes et de mauvaises périodes. Aujourd'hui, je ne retiens que les bons moments et tout particulièrement la fierté d'avoir formé et amené cinq joueurs de la catégorie benjamins jusqu'au secteur professionnel ce qui est exceptionnel. Je retiens aussi des matches références, une montée en ProA avec des playoffs magnifiques et une série finale superbe, une participation en Coupe d'Europe, des maintiens assurés en ProA alors qu'ils n'étaient pas forcément évidents au départ et enfin, pour terminer, une première participation en playoffs.

La JA Vichy
On a eu des contacts sur la fin de saison dernière. Tout ça s'est fait progressivement comme ça peut se passer quand il y a un désir commun entre le club et l'entraîneur de travailler ensemble. J'ai eu d'autres propositions mais le projet de la JA Vichy me semblait le plus intéressant, à la fois sur le plan sportif avec ce challenge de remonter en ProA sous deux ans et aussi sur le plan humain avec des garanties de travailler dans de bonnes conditions.

Votre retour en ProB
La structure du club est en place pour la ProA comme elle a pu le prouver ces trois dernières saisons. Maintenant, sportivement on se doit de ramener la JAV dans l'élite du basket français. Personnellement, ça ne me pose aucun problème de repartir sur de la ProB.

Votre départ du Var
Ce n'est pas évident de quitter pour la première fois sa région. Je laisse toute ma famille et tous mes amis. Le paradoxe est qu'un entraîneur, par rapport à son métier et à sa carrière, est tenu de se déplacer et changer fréquemment de région alors que pour ma part c'est la première fois à 41 ans que je me retrouve dans cette situation. Actuellement le plus difficile est d'être éloigné de ma femme et de ma fille qui, pour des raisons professionnelles et scolaires, n'ont pas pu me suivre pour l'instant sur Vichy.

C'est une nouvelle vie, une nouvelle ville, une mentalité différente mais tout celà se fait progressivement et j'apprécie énormément la gentillesse et la disponibilité de toutes les personnes qui gravitent autour du club, ce qui facilite mon adaptation. Même si la température n'est pas toujours clémente, je sens très bien à l'intérieur des gens une profonde chaleur.

Un joueur
Graylin Warner et Billy Goodwin, deux joueurs que j'ai coaché en ProB au HTV et qui, à mes yeux, avaient une connaissance du jeu très riche et intéressante. Sur les dernières années au HTV, je citerai aussi Jason Rowe par rapport à tout ce qu'il peut amener dans un match et à l'osmose qu'il y avait entre le coach et son meneur de jeu. Je pourrai en citer bien d'autres mais ce sont eux qui m'ont le plus marqués.

 

 

Votre meilleur souvenir basket
Les barrages de montée en 2001 avec une finale en cinq matches face à Roanne. Les deux derniers étaient à Roanne avec notamment une dernière homérique qui nous offre la montée. Ca reste sans conteste le meilleur souvenir !

Le pire
Peut-être lors de la saison 1995/96. On jouait la montée avec Chalon/Saône en se tenant à une ou deux défaites tout au long de la saison. On avait gagné chez nous de 7 ou 8 points mais on en prend 35 chez eux dans une ambiance de feu et en étant outrageusement dominé.

Les supporters
Chaque fois qu'on venait à Vichy, on connaissait le contexte particulier de la rencontre avec une équipe fortement soutenue par son public, du début jusqu'à la fin et quelque soit le résultat final, du moment que les supporters avaient le sentiment que les joueurs donnaient le maximum sur le terrain. C'est sûrement la force de ce public puisqu'on avait beau prévenir les joueurs, il était difficile de garder la concentration nécessaire et la sérénité sur toute la durée de la rencontre. J 'espère tout simplement voir rapidement et tout au long de la saison le même engouement de la part de nos supporters afin que les équipes adverses subissent la même pression que l'on a pu vivre lorsqu'on était sur l'autre banc.

 

Une journée sans basket
Déjà, elles sont rares pendant la saison mais c'est souvent une ballade avec la famille et les amis. Dans la journée, hors week-end, ça devient ordinateur, DVD, pas trop de lecture, un petit peu de bricolage même si ce n'est pas trop mon truc.

Votre premier job
Manoeuvre dans le bâtiment à 16 ans. J'ai quitté l'école en seconde pour me consacrer totalement au basket et j'ai donc fait 4 mois dans une entreprise de bâtiment à faire du béton.

Si vous ne jouiez pas au basket
Deux autres métiers m'ont toujours intéressé : professeur d'EPS et journaliste sportif.

Votre famille
Je suis marié à Laure, ancienne basketteuse. Nous avons une fille qui a 9 ans, Estelle, qui a débuté depuis deux ans le basket et qui déjà commence à être passionné par ce sport.

Une tenue
C'est le survêtement en semaine et costume le soir du match ! Je suis pas très branché fringues. Jean aussi mais pas trop large ou trop bas comme on peut voir partout maintenant (rires) .

Votre dernier concert
Supertramp ! Il y a deux ans à Toulon.

Un CD
Plus un style de musique : soul, funk des années 70-80. Quelques artistes qui me plaisent bien comme George Duke ou Earth, wind and fire mais sans avoir une préférence particulière.

Un film
Gamin Midnight express, plus tard Itinéraire d'un enfant gâté, dernièrement... pas grand chose à part peut-être Les chemins de la dignité avec De Niro.

 

 

 

 

 

 

Un livre
Je m'y suis mis un peu car ma femme m'a donné le goût de la lecture et les déplacements font qu'on a du temps. Je lis les livres de Marc Lévy entre autres ainsi que Grangé, Robert Lugdum aussi ces derniers temps. Ce sont tous des livres bien d'actualité par rapport au clonage, des trucs comme ça. Etant jeune, je me souviens aussi d'un livre appelé Le tunnel, d'André Lacaze, qui m'avait marqué.

Un magazine ou un journal
On va pas citer les revues de basket car c'est classique. L'Equipe tous les jours ! Sinon VSD le week-end. Je ne lis pas les quotidiens nationaux style Le Monde ou Le Figaro. Je préfère les quotidiens régionaux comme Var Matin auparavant et La Montagne maintenant.

 

 

 

 

 

Votre dernière folie
Qu'est-ce qu'on peut appeler folie ? ... On s'est acheté un écran plasma.

Un surnom
Il y en a un qui va commencer à me coller car Monclar n'arrête pas de le sortir c'est la Borguasse ! Je sais pas pourquoi il a sorti ça (rires) . Gamin c'était Loule et maintenant, l'altesse Monclar m'appelle la Borguasse donc les entraîneurs avec qui j'ai de bonnes relations s'amusent à m'appeler comme ça.

Trois choses à sauver en cas d'incendie
La télé, ça me paraît difficile (rires) . Je dirai les souvenirs, tout ce qui peut être photos ou K7. L'unité centrale non car je suis incapable d'archiver quoique ce soit dans un ordinateur. Je ne suis pas bijoux donc ça me pose aucun problèmes. Bêtement, tout ce qui est administratif, papiers importants car on s'aperçoit des difficultés pour les refaire.

Votre principal trait de caractère
La franchise. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis. Je n'arrive pas trop à me retenir selon le contexte, à me dire que c'est peut-être pas le moment. L'avantage c'est que les gens savent tout de suite ce que je ressens mais cinq minutes après, c'est oublié et je passe rapidement à autre chose.

Et celui dont vous êtes le moins fier
J'ai mauvais caractère et quand je fais la gueule, je fais la gueule ! Il faut que je m'échappe car je peux devenir assez rapidement insupportable. Ca peut être un soir de match (rires).

Une habitude avant les matches
Ah oui, il y a un rituel car c'est un jour particulier. C'est sieste obligatoire, en espérant ne pas être dérangé. C'est café obligatoire aussi. C'est traîner volontairement et perdre du temps à regarder n'importe quoi à la télévision. Tout pour se mettre en retard et se donner un coup de speed, prendre vite sa douche et s'habiller. J'aime bien être à la bourre les soirs de match, c'est devenu une habitude.

Le rasage n'a jamais lieu le matin du match mais toujours après la sieste. Ca peut aussi être un style de tenue qui gagne, même chemise, même cravate... Ca m'est un peu passé car quand on arrive en ProA avec seulement 10 victoires dans la saison, on se dit que ça risque de revenir cher (rires)  ! C'est aussi une arrivée à la même heure à la salle, un rituel pour fermer la voiture, une position dans le vestiaire, un emplacement dans la salle pour regarder les espoirs. A Hyères, mon kiné me mettait chaque fois avec un strap un morceau de sucre sur le tableau blanc. Lors de l'échauffement à domicile, ma fille vient aussi systématiquement m'embrasser.

Ce que vous changeriez dans votre vie
Je recadrerai bien le terme amitié, savoir ce que ça représente vraiment à mes yeux et aux yeux de mes proches. C'est une réflexion que j'aimerai transmettre à ma fille. Qu'est-ce que c'est réellement que l'amitié ? Comment peut-on la percevoir ? Est-ce qu'il est prudent de s'ouvrir pleinement aux autres ou est-il préférable de rester un peu dans la réserve ? C'est une question qui me semble d'actualité. On vit dans un monde un peu égoïste et, dans les relations humaines, on a plus souvent de mauvaises suprises que de bonnes. J'essaie d'avoir une vigilance accrue par rapport à tout ça.

Ce qui vous empêche de dormir
La défaite ! Je trouve le sommeil très tard. Je dors bien avant un match mais pas après, quelque soit l'issue de la rencontre car il y a toute la tension du match qui met du temps à s'évacuer. Ca peut aussi être la maladie d'un des mes proches

Ce qui vous met de mauvais poil
C'est pas bien ça mais c'est de ne pas avoir de cigarettes sur moi. Je suis franc en le disant. Gros fumeur et gros défaut (rires) . J'ai arrêté neuf mois il y a quelques années mais je me suis trouvé un bon prétexte pour recommencer. Il y en a pleins pour s'y remettre mais il y en a de moins bons pour s'arrêter.