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  La JA Vichy redresse la tête et quitte la zone rouge en s'imposant face à Cholet (68-57). La bonne série devra continuer à Hyères-Toulon samedi prochain...  
 

Jean-Philippe Besson
Interview réalisée le 31 août 2005
Propos recueillis par Julien Favé

Tes débuts
A l’âge de 6 ans, mon père m’a emmené à l’école de basket de la JAV déjà. C’était Philippe Lannevère l’entraîneur et j’étais déjà avec les poussins. Ensuite j’ai fait toutes les catégories à la JAV d’âge jusqu’à senior. Je suis rentré en tant qu’espoir au centre de formation en 1988-89 alors que l’équipe était en ProA. Derrière on est descendu en ProB donc j’ai fait une seconde année espoir en étant aussi dans le groupe pro. Je suis d’ailleurs rentré 10 fois je crois en ProB en 1989-90.

Le dépôt de bilan
A ce moment-là, malgré le maintien le club a déposé le bilan donc je me suis retrouvé en équipe seniore en Nationale 3 (la N2 de maintenant). C’était en 1990-91. L’ossature des espoirs étant de Vichy, plusieurs joueurs sont restés et on a décidé de repartir en N3 encadrés par deux ou trois anciens de Vichy également comme Daniel Jacquemot, Moussa Touré... On a mis deux ans avant de monter en N2 (la N1 de maintenant) où j’ai joué une saison (1992-93) avant de partir à Besançon.

Besançon
Ils m’ont repéré en N2 justement. On avait fait un bon match contre eux à Vichy alors qu’ils étaient leaders et allaient monter en ProB. Les supporters bisontins étaient venus en train et avaient rempli la tribune en face du kop et une partie de la latérale ! Un match épique où on avait eu 20pts d’avance, on jouait de manière fantastique et puis Potter et moi sommes sortis pour 5 fautes... Ils avaient grignoté, grignoté pour nous passer à la fin. On leur a peut-être pas coûté la montée ce jour-là et heureusement pour moi car ils me prennent pour jouer la saison suivante en ProB. Comme quoi le destin...

J’y suis resté trois ans dont la première année au bataillon de Joinville en plus. Au départ j’étais deuxième meneur et dans l’année je suis devenu titulaire en ProB. C’était la lancée du basket à Besançon à ce moment-là car il n’y avait plus de foot. Les gens là-bas sont très supporters, très chauvins. C’était fou car on était starisé au possible ! (retrouvez en cliquant ici une interview réalisée par le site de Besançon lors de la saison 1994/95)

Le titre de champion de France ProB
C’est ma deuxième saison là-bas, en 1994-95. L’équipe était belle avec Eric Micoud, Tony Farmer, Ronny Smith. Une équipe pour monter. Le club s’était donné trois ans mais comme il y avait les structures, ils ont mis cette équipe en place. On a fait une saison moyenne puisqu’on finit 7e mais on gagne les playoffs et on monte donc en ProA.
C’était en trois matches gagnants donc de belles et longues séries. On avait d’ailleurs battu le Hyères-Toulon de Jean-Louis Borg en demi-finale avant de s’imposer à Tours au bout des cinq matches. Le dernier chez nous à Besançon donc 5000 personnes plus 2000 sur le parking devant l’écran géant.

Championnats du monde militaire
C’était en 1993-94, lorsque j’étais au Bataillon de Joinville. Le championnat du monde était à Séoul et j’ai eu la chance de faire partie de la génération Sciarra, Bonato, Bernard, Keita et on fait médaille de bronze ! Des souvenirs superbes car on jouait dans les installations qui avaient servi aux Jeux Olympiques, on était escorté de la salle à l’hôtel, on a vécu des trucs assez impressionnants. De bons souvenirs !

 


Dijon

Après une saison moyenne en ProA avec Besançon, plusieurs joueurs étaient en fin de contrat et les dirigeants ont voulu renouveler l’effectif. Donc je me suis retrouvé sur le marché, l’année de l’arrêt Bosman ce qui fait que ça a été très difficile de retrouver un club. J’ai failli redescendre en ProB mais je suis parti en dernière minute à Dijon en deuxième meneur derrière Bruno Hamm.
C’était une grosse équipe à l’époque, je crois qu’on fait 8e. On jouait la Coupe Korac aussi donc belle expérience avec des matches à Trévise contre Rebraca. Jean-Luc Monschau étant viré à la fin de saison et Singleton arrivant avec ses joueurs, je me retrouve de nouveau sur le marché avec un temps de jeu moyen en tant que deuxième meneur donc inévitablement, retour en ProB.


Golbey-Epinal

Je retrouve Charly Auffray qui m’avait fait venir de Vichy à Besançon. Il était entraîneur d’Epinal, on a eu des contacts assez rapides et je me suis engagé pour deux ans. C’était une équipe qui s’est avérée aussi être une bonne équipe en ProB puisqu’on finit deuxième en 1997-98, juste derrière Levallois et les Masingue, Essart et cie. A un match près, c’est nous ! Dommage.
La seconde année, on finit 4e ou 5e donc de bons souvenirs malgré un jeu un peu frustrant car le jeu tournait autour de notre grand, Julius Michalik.

On était plus des joueurs qui tournait autour pour le servir mais avec les résultats qui suivaient, on prenait quand même du plaisir et puis j’ai de bons souvenirs et toujours des contacts avec les joueurs qui j’ai connu là-bas. Quand je suis parti à Epinal, c’est vrai que je me suis demandé où j’allais mais j’ai eu de bonnes relations avec tout le monde. C’est vrai que ce n’est pas vraiment un fief basket donc le public n’était pas très proche de nous mais on avait un groupe soudé et ça suffisait.

Maurienne
Il y a beaucoup de jeunes qui se retrouvent sur le marché à ce moment-là donc le club veut jouer sur la jeunesse et fait venir Moncade de Pau-Orthez. Ils décident donc de ne pas me garder. Je décide alors d’être de nouveau sur le marché et je m’engage sur deux ans avec Maurienne. Une équipe qui descend encore en terme de hiérarchie et en terme de niveau de jeu car on joue le maintien en ProB.
La première année est difficile car on habite Chambéry, on prend la navette pour aller s’entraîner dans une glacière. Des conditions particulières qui tranchent avec tout ce que j’avais pu vivre. Maintenant, c’est mon métier donc il fallait s’y faire et ne pas jouer les stars. En revanche, on s’est vraiment plu à Chambéry car c’est un cadre de vie magnifique.
La seconde année un peu meilleure mais malgré tout usante avec ce système de navette. Ils m’ont donc fait une proposition qui ne m’intéressait pas financièrement et j’ai décidé d’arrêter.

Ta reconversion
J’ai eu quelques contacts en N1 avec Sablé et Quimper. Seulement c’étaient des contrats d’un an seulement et à 30 ans avec une famille à nourrir, je ne voulais pas de petits contrats annuels, sauter de ville en ville. Je suis donc revenu à Vichy, sans idée de reconversion au départ car j’avais été à fond dans le basket. J’ai failli monter un tabac-presse mais ça ne s’est pas fait. Je me suis lancé sur les brevets d’état, au départ sans idée précise, et puis ça m’a plu et je me suis dit « Reste dans ton monde car c’est ce que je sais faire ». Avoir vu gicler les entraîneurs durant ma carrière, ce n’est pas encourageant car on ne veut pas faire vivre ça à sa famille. J’avais peut-être pas le droit. Mais c’est pas si simple de rentrer dans le monde du travail sans diplômes, sans compétences particulières. J’ai été éducateur sportif pendant deux ans aux services municipaux de Vichy en attendant d’avoir un emploi d’entraîneur pour en vivre.

Les cadets France
En BE1, j’ai commencé par les benjamins du club. Ca fait drôle en sortant du monde pro d’apprendre à un gamin à faire un double pas. C’est peut-être pas mal aussi ! Au fond de moi j’avais quand même envie de remonter rapidement car je savais que la formation initiale comme ça, ce n’était pas ce que je voulais. La deuxième année, je prends les cadets en seconde division nationale. J’ai la chance d’avoir un bon groupe avec notamment Pavel Ermolinski qui a pu jouer avec nous et qui nous fait monter. J’ai appris sur le terrain à gérer des cadets, des gamins 15, 16 ou 17 ans qui sont pas si simples. C’était assez enrichissant. L’an passé, on se maintient en première division, avec des moments sympas et d’autres moins mais je retiens le dernier match à Pau, celui du maintien. Je crois qu’on a vécu avec ces gamins de bons moments dans l’ensemble. Ca restera un bon souvenir.

Ton père
Figure emblématique du club qui a joué, qui a entraîné, qui est parti puis qui est revenu entraîner encore. Je crois qu’il a laissé une trace au club. C’était son club, c’était sa ville. Il en a profité mais Vichy aussi. Mon gran-père était aussi directeur sportif au moment où mon père jouait. C’est lui qui est aussi à l’origine de l’expansion du club. Je l’oublie pas non plus. Une famille très ancrée à la JAV c’est sûr. Comme on dit, nul n’est prophète en son pays donc c’est sûr que de s’appeler Besson à la JAV, ça permet des choses au niveau des connaissances ou de l’introduction dans ce monde-là mais ça n’aide pas tout le temps. Je sais qu’à mes débuts, mon père était déjà entraîneur mais ça ne m’a pas toujours ouvert des portes car les gens ne voulaient pas prendre le risques de créer des mésententes, des désaccords. Ca n’apporte pas toujours des bénéfices.

Ton frère
Malheureusement on a joué une seule année ensemble en cadets car on a deux ans d’écart. Après il est parti à Roanne et moi je suis resté à Vichy et on s’est toujours croisé. En 1994, je pars à Besançon et lui est prêté par Roanne à Vichy. Là je reviens, c’est lui qui part... C’est un regret car je pense qu’on aurait fait de bonnes choses car avec un peu d’expérience, sur la fin de nos carrières, on aurait vécu de belles choses. Mais c’est comme ça. On travaillera peut-être un jour ensemble au niveau du coaching car c’est possible qu’il s’oriente là-dessus aussi. Mais en tant que joueur je regrette, et lui aussi je pense, qu’on ait pas joué ensemble.
Il a quitté Vichy avec son BE1 qu’il a passé au CREPS. Il a fait l’an passé le diplôme de préparateur physique et là il va préparer le diplôme d’éducateur sportif. Il jouera avec La Ciotat en N3 et la seconde année, il enchaînera certainement sur son BE2.

Jean-Louis Borg
On s’est cotoyé quand j’étais joueur et lui entraîneur. J’ai plutôt de bons souvenirs contre Hyères d’ailleurs donc on en a pas trop parlé encore (rires) ! Le contact est très bien passé, on a bien délimité nos champs d’action. Moi je m’occupe de tout ce qui est prépa physique, gainage, shoots et je l’assiste pour la partie basket.

Un coéquipier
Tanoka Beard qui était un des meilleurs joueurs de l’Euroligue la saison passée avec Kaunas. Il était inarrêtable ! Je ne sais pas pourquoi il s’est retrouvé à Besançon en ProA car derrière il a fait une grosse carrière en Espagne et en Europe. Il avait disjoncté sur un match où il avait frappé James Voskuil de Chalon et on avait été obligé de le virer à cause de cet incident alors qu’il était meilleur marqueur et rebondeur de la ProA. On lui filait la balle quand ça n’allait plus et il nous sortait d’affaire. Il m’a vraiment impressionné par sa tonicité et son explosivité.
Comme joueur français, j’ai joué derrière Hamm qui était impressionant, avec Bonato qui était innarrétable aussi. Mais je n’en ressortirai pas un en particulier.

Un rival coriace
De manière générale, j’ai jamais été terrible contre le meneurs américains mais il y en avait tellement (rires)... J’aimais pas joué contre Steeve Bourgeois ! J’ai jamais été un grand défenseur et il me bouffait, il pénétrait et j’avais vraiment du mal à l’arrêter. Chez les américains, je dirais Rudd et Rivers bien sûr que je n’arrivais pas à arrêter non plus.

Ton meilleur souvenir basket
L’année du titre à Besançon, j’étais devenu un joueur titulaire, on est allé chercher ce titre contre Tours au cinquième match. C’est vraiment de grands moments de basket, entourés de joueurs comme Micoud, Smith, Farmer...

Le pire
Je me suis fait casser la jambe à Epinal sur une béquille. Ca m’a explosé le péronnet. C’est Sousa du Havre qui m’a cassé la jambe mais de façon complètement involontaire. J’ai eu deux mois d’arrêt et ça m’avait un peu gâché l’année.

Les supporters
Ils sont là quand ça va pas ! Je me souviens du match de Roanne l’an passé où tout le monde était debout à scander le nom des joueurs. Je crois qu’il n’y a pas une salle en France qui peut proporser un public pareil avec une ambiance pareille dans de telles circonstances. Ils ont fait leurs preuves ce jour-là qu’on pouvait compter sur eux dans les bons mais aussi dans les mauvais moments. Je sais qu’ils nous soutiendront cette année aussi et c’est important.

 

Une journée sans basket
C’est mes filles, une ballade, un tennis, un film ou un repas en famille le soir. Une journée cool où on essaie d’oublier un peu le quotidien.

Ton premier job
C’était déjà le basket, à Vichy en N2 à l’époque en sortant du bac.

Si tu ne jouais pas au basket
J’aurai voulu rester dans le sport donc prof de sport ou dans la kiné, en tant qu’accompagnateur d’équipes. J’aurai aussi aimé être tennisman car j’adore et j’avoue que je me fais plaisir avec ce sport. A un moment j’ai été entraîné au niveau de la ligue, en parallèle avec le basket. J’avais fait bien sûr le choix du basket mais d’après ce que j’ai su, j’avais des possibilités aussi pour jouer au tennis.

Ta famille
J’ai deux filles de 10 et 7 ans. Elles sont danseuses et pour elles le basket est un sport de garçon pour l’instant. C’est clair et net ! (rires) Elles adoraient me voir jouer, venir aux entraînements mais elles sur un terrain, pas pour le moment. Reste à voir du côté de Jean-Paul qui a un garçon. Peut-être qu’il le mettra sur le terrain. Mais en tout cas, pas chez nous ! (rires)

 

Une tenue
Sportswear ! Jean, baskets et tee-shirt.

Ton dernier concert
Je ne suis jamais allé à un concert. J’ai vu de l’opéra à Vichy mais pas de concert.

Un CD
J’aime bien Lenny Kravitz, Dire Straits, Peter Gabriel, Phil Collins. Aucun à sortir plus que d’autres mais voilà mon style de musique.

 

 

Un film
J’aime beaucoup tout ce que fait Tarantino. Je suis très cinéma donc j’ai pas non plus quelque chose qui ressort plus que les autres. Tarantino peut-être mais je vais voir tous les styles de film.

 

Un livre
J’aime beaucoup les Robert Ludlum, Harlan Coben et tout ce qui est thriller et biographie aussi.

Un magazine ou un journal
L’Equipe quotidiennement car j’aime tous les sports, si ce n’est peut-être le rugby. Je ne suis pas très magazine en revanche. J’achète Basketnews mais c’est tout.

 

 

Ta dernière folie
On vient d’acheter un plasma ! On peut parler de folie vu le prix actuel. J’avais une télé 50 cm depuis 1990 donc je me suis lancé et hop, 107 cm ! (rires)

Un surnom
Jean-Phi, tout simplement.

Trois choses à sauver en cas d'incendie
Des choses ? Mon portable, mon portefeuille et puis... Je vais pas être original. Mes clefs de voiture allons-y ! (rires)

Ton principal trait de caractère
Je crois être sympa. J’essaie d’être honnête et sympa.

Et celui dont tu es le moins fier
Je suis encore trop timide. J’ai besoin de m’affirmer encore dans la vie de tous les jours, d’être plus sûr de moi.

Une habitude avant les matches
J’ai pas encore de trucs en tant que coach. En tant que joueur, j’avais mon petit gâteau de semoule à 17h, à la collation (rires). Il me fallait ça ! A la limite gâteau de riz mais il me fallait ça !

 

Ce que tu changerais dans ta vie
Actuellement, rien du tout. C’est fou de dire ça mais rien. La fortune peut-être, la sécurité financière évidemment mais sinon rien.

Ce que tu refuserais de faire même pour 10 millions d'euros
Sauter à l’élastique ! Je ne pourrais pas me lancer dans le vide. On me pousserait pour 10 millions, faudrait me pousser fort !

 

Ce qui t'empêche de dormir
Je suis un gros dormeur. Il faut vraiment quelque chose de grave pour m’empêcher de dormir. La maladie d’une de mes filles. En basket, les grand moments m’ont toujours perturbé aussi.

Ce qui te met de mauvais poil
Me lever le matin (rires) ! Je ne suis pas du tout du matin. Maintenant que je suis dans le monde du travail, j’arrive à être opérationnel à 8h30 mais à 7h30, j’étais pas bon à prendre.