Alexis Rambur
Interview réalisée le 28 août 2007
Propos recueillis par Julien Favé |
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Tes débuts
Je suis né à Colmar mais j’ai déménagé à Rouen à l’âge de 3 ans et j’ai commencé le basket à 6 ans à Mont St Aignan car je voulais faire un sport collectif en plus du judo.
A quel âge as-tu compris que tu pouvais devenir professionnel ?
Dès que j’ai commencé à aller voir des matches pros à Evreux ou au Havre, que j’ai compris vers 10 ans que ça pouvait devenir un métier, je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. Je me disais que c’était une passion et qu’il fallait travailler dur, je ne voyais pas ça comme un parcours difficile. Après j’ai eu la chance d’avoir toujours été sélectionné et de tomber sur de bons coaches qui m’ont permis de me développer.
Mont Saint Aignan
J’ai fait toutes les catégories au club jusqu’à minimes. C’est là que j’ai commencé à jouer avec Tony Parker en championnat de France. Ses parents n’étaient pas sur place en Normandie donc il vivait et faisait partie de notre famille.
La première saison fut une super année car on gagnait tous nos matches de 30pts en moyenne mais ça s’est mal terminé. En finale, on doit gagner aussi mais on perd de deux points à la dernière seconde donc ça a un peu gâché l’ensemble même si ça reste une super année.
Rouen (01-06)
En cadets, il n’y avait que Rouen qui évoluait en championnat de France donc j’ai du partir pour mes trois saisons cadets. En même temps, je jouais en N3 avec la réserve de Rouen.
A la fin de mes années cadets, je m’entraînais avec l’équipe première qui venait d’accéder à la N1 et je jouais les week-ends avec la réserve en N3. Mais il y a eu des blessures donc j’ai rapidement été invité dans l’équipe avant de gagner ma place de titulaire en fin de saison. Je suis ensuite resté en équipe première de 2001 à 2006.
J’ai ainsi joué deux saisons en N1 puis deux autres en ProB avant de gagner la montée en ProA de manière un peu étrange. On a terminé à la 2e place mais comme Brest, qui était premier, a remporté les playoffs, on a décroché le second ticket malgré notre élimination au premier tour des playoffs. Ce n’était pas une montée volée car on avait fait une belle saison et on avait acquis un statut mais le règlement était assez bizarre.
Mais je pense qu’on est monté trop vite car ce n’était pas vraiment planifié si tôt et, une fois en ProA, on a pu s’apercevoir qu’on était pas du tout prêt au niveau sur les structures, sur les entraînements. Donc saison un peu galère avec seulement cinq victoires, des blessures, des américains qui passaient et repartaient au bout d’une semaine… Mais ça reste une super belle expérience car j’ai pu côtoyer le plus haut niveau national donc j’ai appris un maximum.
Je faisais mes études en parallèle et j’avais annoncé assez tôt dans la saison au coach ma volonté de partir la saison suivante pour me donner un challenge et vivre à fond le métier de basketteur professionnel. Il m’a juste dit de prendre mon envol et ne m’a pas mis de bâtons dans les roues. En plus, je n’ai plus trop de famille par là-bas, juste des amis. Et comme ce sont de bons amis, on reste en contact. Donc ce n’était pas un départ difficile mais plutôt un nouveau challenge.
Jean-Louis Borg
Je savais juste qu’il avait coaché à Hyères-Toulon auparavant mais rien de plus. Vu son parcours et son expérience en ProA, j’ai pensé que c’était une opportunité pour moi.
L’an dernier, j’ai pu m’apercevoir qu’il ne te laisse pas tergiverser car il n’hésite pas à dire les choses. La relation est franche, claire et ça ne me pose pas de soucis. Hors du terrain c’est une personne vraiment sympa, qui aime bien rigoler donc j’apprécie.
La JA Vichy
Avant de venir ici, je ne connaissais que l’histoire du club avec la finale européenne et tout le passé mais j’ai rapidement apprécié l’ambiance.
Le public
On m’avait prévenu que c’était chaud et je n’ai pas été déçu. C’est vraiment génial de jouer chaque samedi devant un tel public. Si l’an dernier on a pu faire le parcours qu’on connaît, c’est aussi grâce à cette ambiance. Particulièrement au moment des playoffs !
La saison dernière
En tant que joueur, on ne savais pas trop où on allait au début de saison. Le président devait en savoir un peu plus mais durant l’été, l’ensemble a eu du mal à se dessiner. Heureusement, la mayonnaise a pris rapidement et on était vraiment une bande de potes qui s’entendaient bien et qui se donnaient à fond sur le terrain.
On a accumulé beaucoup de pression à cause de ce règlement qui était vraiment stupide mais le fait d’aller jouer toute notre saison sur un match à Paris a également apporté beaucoup d’émotion. C’est quelque chose qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.
Voir autant de vichyssois se déplacer pour nous soutenir dans une salle aussi immense était vraiment fabuleux !
Un coéquipier
Mickaël Vérove que j’ai côtoyé à Rouen et avec qui je garde contact. J’ai beaucoup appris avec lui et beaucoup rigolé aussi. Et je vais aussi dire Jimmal Ball parce qu’il a encore plus d’expérience, il connaît vraiment le haut niveau. Dans le charisme et la gestion d’équipe, il est vraiment exemplaire. Il n’hésite pas à me donner des conseils, c’est un coéquipier génial. Et en dehors du terrain, on s’apprécie vraiment également.
Un rival coriace
John Linehan ! Je me souviens d ’un match contre Paris où j’étais le seul meneur donc je me l’étais tapé durant 40 minutes et, crois-moi, c’est pas sympa de l’avoir sur le dos ! Je crois que c’est le match que j’ai terminé le plus rincé de ma vie (rires) !
Tony Parker
On est comme deux frères qui ne se voient pas de l’année. Donc dès que nos saisons respectives sont terminées, on essaie de passer un maximum de temps ensemble. Cet été, il y avait le mariage en prime mais dès que ma saison est terminée, je m’envole pour les Etats-Unis car sa saison dure plus longtemps. Souvent il est en finale NBA donc ça me permet de voir des choses sympathiques en plus (rires).
Cet été, j’étais son témoin de mariage car, comme n’importe qui, il a demandé à ses meilleurs amis d’être ses témoins. Bon après, ce n’était pas la même dimension mais ça reste une amitié comme une autre, simple, avec de la franchise et beaucoup de bons moments.
Ton meilleur souvenir basket
La saison dernière avec Vichy et particulièrement la finale à Bercy. C’était vraiment le moment le plus chargé en émotion. Et contrairement à la finale minimes avec Tony, ça s’est bien terminé !
Le pire
C’est justement cette finale minimes en 1997 que l’on perd à la toute fin contre Montpellier.
Ta dernière faute technique
Je n’en ai jamais pris.
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