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  La JA Vichy redresse la tête et quitte la zone rouge en s'imposant face à Cholet (68-57). La bonne série devra continuer à Hyères-Toulon samedi prochain...  
 

Dounia Issa
Interview réalisée le 14 août 2007
Propos recueillis par Julien Favé

Les débuts
dream teammirailtoulouserQuand j’étais petit, j’étais à fond dans le foot jusqu’à la mode Dream Team aux débuts des années 90. Je suis tombé dedans avec les playgrounds de mon quartier du Mirail à Toulouse. En fait, on a transféré notre passion du foot au basket avec les cartes, les posters, les magazines. Et depuis, j’ai plus lâché le basket.
J’ai commencé en club assez tard, en 1997 je crois, dans le club de mon quartier, l’ASVEC, avec mes potes. Je n’ai fait qu’un petit intermède à Colomiers, dans la banlieue de Toulouse. J’étais cadet région surclassé en senior également.
A la fin de mon cycle en cadets, je suis allé à Toulouse, aux Spacers, qui venaient de déposer le bilan en Pro A. La saison précédente, ils étaient repartis en N3 mais étaient remontés directement en N2. Je m’entraînais avec eux en plus de mon club donc c’est là que j’ai connu Jean-Aimé Toupane. Il m’a proposé de les rejoindre en N2 donc j’ai accepté.

Le basket pro
Mon parcours est assez atypique car je n’ai pas fait espoir, j’ai commencé assez tard. A la base, je voulais juste jouer au plus haut niveau possible sans me mettre en tête que j’allais devenir pro.
Quand je suis arrivé à Clermont en N1 et que je voyais qu’on était qu’à un échelon de la ProB, j’ai réalisé que je n’étais pas loin, que c’était envisageable.

Toulouse
stade toulousainJ’ai donc rejoint les Spacers en 2000/01 en N2 où je fais une bonne année dans une poule sud-ouest relevée. On finit 4e je crois et c’est Clermont qui monte. On était encadré par Christophe Soulé et Jean-Aimé qui était encore entraîneur-joueur. Il faut savoir que, même en N2, on s’entraînait 2h tous les jours avec Jean-Aimé, en plus des études !
Je ne pensais pas partir de Toulouse car j’étais jeune et j’avais ma famille, mes amis sur place. Je me voyais avec les potes faire remonter Toulouse, en ProB pourquoi pas. Mais le club a de nouveau déposé le bilan.

Jean-Aime Toupane
toupaneC’est un très bon coach mais c’est vrai qu’il est très dur sur le plan physique. Et encore, je l’ai connu au début, c’était un fou ! Sur le plan psychologique également, il faut être solide, avoir confiance en toi. Mais quand il a quelque chose à te dire, il te le dit en face et ça permet d’avancer, de progresser. Il a beaucoup de qualités.

Stade Clermontois
toulousainstade clermontoisJean-Aimé m’a proposé de le suivre à Clermont et comme c’était intéressant et que je n’avais rien qui me bloquait réellement à Toulouse, j’ai accepté pour progresser. Et je crois que ça a été une de mes meilleures saisons.

A la base, la montée en ProA était programmée sur 3 ans mais on a réussi dès la première saison avec des matches épiques ! Double prolongation à Prissé-Mâcon avec David (Mélody) qui met un panier à 2s de la fin 8m pour arracher la première prolongation. Victoires à Quimper et Valence-Condom alors qu’on est à –10 et –12 à deux minutes de la fin. Il y a eu quatre ou cinq matches totalement fous comme ceux-là. Quand on en parle avec Demba (M’Bengue), Régis (Racine), Fabrice (Périac) ou David on en rigole. On avait quand même dominé le championnat car on avait su gagner les matches importants à Feurs, à Autun, contre Rodez. On a été premiers à la mi-saison et Rouen et Orléans ne nous ont jamais rejoint.

stadeL’arrivée en ProB a été un peu bizarre car ça devient un métier avec deux entraînements par jour. Il y a moins ce côté fun au début mais ça revient. Le coach nous a préparé comme des fous physiquement donc je crois que ça a été la préparation physique la plus dure de ma vie (rires) ! Au niveau sportif, on s’en est bien sorti en se maintenant tranquillement autour de la 8e place je crois.

 

 

wearthyLa saison suivante, on a à nouveau vécu des moments inoubliables : on monte en ProA sur un shoot en fait ! A Châlons, on doit reprendre le point-average de 3pts mais on est à –10 vers la fin. Notre intérieur Patrick Wearthy qui a pas du enquiller un panier à 3pts de la saison, en plante deux dans les deux dernières minutes. David met aussi un panier de ouf et c’est le pigiste Herman Alston qui nous fait gagner à 8 dixièmes du buzzer. On en a chialé car c’était un groupe de potes, parti de la N1 pour arriver ensemble en ProA.

 

stade clermontoisEn ProA, ça a été difficile au début, le moral n’était pas au mieux mais on s’est repris en cours de saison pour finalement terminer presque tranquillement. Mais on sentait qu’on arrivait à la fin d’un cycle, que beaucoup allait partir. Par la suite, on a senti qu’on avait perdu un peu de notre identité en perdant des gars comme Demba (M’Bengué) ou David (Mélody) l’an dernier. Le groupe était bon également la saison passée mais ce n’était plus tout à fait pareil même si on a progressé à chaque fois.

 

Rugby
rugbyPlus jeune, j’étais à fond dans le foot sans même connaître la place du rugby à Toulouse. J’aime bien ce sport même si ce n’est pas mon préféré. Mais en vieillissant, j’apprends à l’apprécier de plus en plus.
Je me souviens que quand je suis arrivé à Clermont, l’ASM venait de perdre contre Toulouse en finale et ça doit être le dernier titre national de Toulouse. Je vais voir l’ASM parfois car je connais Aurélien Rougerie et j’aime bien le stade et ce super public également.

La JA Vichy
Déjà j’aimais bien ce club en tant qu’adversaire. Il y avait des supporters pour pousser et je trouvais qu’il n’y avait pas toujours des joueurs à la hauteur de l’investissement des fans, des joueurs qui mouillaient suffisamment le maillot. On sent qu’il y a toute une ville derrière le club et que ça transpire le basket !

Jean-Louis Borg
En arrivant, j’avais l’image du coach un peu grognon, toujours en train de gueuler sur le banc (rires). Mais au-delà de ça, je sens quelqu’un de très humain.

Le public
C’est un des meilleurs publics de France et ça fait toujours plaisir pour un joueur d’évoluer devant une salle pleine, bruyante, qui fait un maximum de boucan quand tu réalises une belle action. Donc c’est sûr que ça comptait dans les points positifs au moment de décider de venir à Vichy.

Le derby JAV-Stade
Je me souviens du premier derby à la Maison des Sports car on avait la pression. Historiquement, Vichy c’est l’équipe de la région ! Mais on était chez nous, la JAV était derrière au classement et on ne voulait pas leur redonner espoir pour le maintien. On voulait enfoncer le clou !
Ce qui m’a impressionné, ce sont les supporters : il a fallu un 20-2 pour qu’ils commencent à se calmer un peu. On s’est dit heureusement que le match n’était pas serré sur la fin (rires) ! En tout cas, ça faisait plaisir de voir la Maison des Sports remplie.
Au retour, tout le monde avait mis dedans entre Régis (Racine), David et Gauthier (Darrigand). C’était l’époque où on tournait bien, où on tapait les gros chez nous. On avait aussi moins de pression que Vichy donc on était plus relax.

periacUn coéquipier
feursFabrice Périac qui joue à Feurs (N1) maintenant. C’est mon gars, mon pote ! Quand je chialais dans les vestiaires parce qu’on venait de monter à Châlons, c’est lui qui m’a pris dans ses bras, tu vois. J’aurais kiffé qu’on continue à jouer ensemble plus longtemps mais c’est la vie, c’est le sport.

 

 

Un rival coriace
Je vais te dire Elliot Henderson, l ’américain de Rouen. Il avait du planter 30pts et 40 d’éval à l’aller… et pareil au retour (rires) !
salyersEn ProA, il y a aussi Marc Salyers qui est très fort et m’impressionne. Sûrement le meilleur poste 4 en ProA selon moi.

 

Le meilleur souvenir basket
Le panier d’Alston au buzzer à Châlons pour monter en ProA ! En plus, j’étais sorti pour 5 fautes donc j’étais sur le banc. J’étais même allongé sur le ventre sur le parquet avec la serviette sur la tête pour ne pas voir ce qui se passait. Donc j’ai tout vu au ras du parquet (rires). Quand le panier est rentré, je n’y ai pas cru tout de suite. Et puis, j’ai entendu les cris des supporters et des gars alors j’ai crié comme un fou et je suis redescendu 15 minutes après (rires).

Le pire
J’ai tendance à vite oublier les mauvais souvenirs. Je touche du bois, je n’ai jamais été vraiment blessé.
Peut-être ma blessure en cadet justement. Je suis monté dunker et le gars est passé sous moi et m’a fait mal tomber. Je me pète le poignet et je dois garder le plâtre pendant un mois à un moment où j’avais faim de basket car je commençais.
Je dirai aussi la défaite contre Reims au buzzer lors de notre première saison de ProA car c’était un concurrent direct pour le maintien et ça mettait le club dans une sale situation.
Ah si un autre ! L’an dernier à Cholet, on fait un gros match mais je fais une faute stupide sur Bardet à 3pts qui donne la victoire à Cholet alors qu’on était mal et qu’on en avait grave besoin. Personne ne me l’a dit dans l’équipe mais je sais bien que c’est moi qui fait perdre le match, c’était stupide. Je m’en suis voulu pendant 3 ou 4 bons matches au moins !

Ta dernière faute technique
J’en ai jamais pris. Je parle aux arbitres mais je ne leur manque jamais de respect.

Ta dernière embrouille avec quelqu’un
Au Quai 54 cet été, le tournoi de playground à Paris. On jouait contre des anglais et l’un d’eux n’arrêtait pas de pousser mon bras d’appui sur lui. Au bout d’un moment, ça m’a saoulé, j’ai pris sa tête, j’l’ai un peu poussée et on s’est embrouillé. Rien de méchant, juste histoire de montrer qu’il fallait pas me chauffer.

Quai 54
quai 54C’était la première année que je le faisais avec une équipe qu’on a appelé « La relève ». Je le fais avec un pote à moi qui joue en N1, Andy Diop Tremoulet, Zaïnoul Bah, Vincent Mendy, Demba M’Bengué, Thomas Larrouquis et Cyril, un pote à moi qui joue en N2. On est arrivé en demi-finale contre l’équipe de Yakhouba Diawara. C’est une super organisation, y a pleins de joueurs français connus, des comiques, de la musique. Au-delà du basket, tu passes un bon moment.
Y a toute la ProA et la ProB avec Moussa et Pape Badiane, Sacha Giffa, Nouha Diakité, Modibo Niakaté, Michel Jean-Baptiste Adolphe, Sambou Traoré et également William Gradit qui avait son équipe. Chaque année, ça monte d’un cran donc c’est motivant.


Ton cursus scolaire
J’étais plutôt un bon élève car je suis de nature super curieux donc, quand la matière m’intéressait, j’écoutais grave le prof ! En plus, si à la base j’avais peut-être une nature à ne pas trop travailler, ma mère passait derrière et, crois-moi, c’était une malade (rires) ! J’étais obligé de travailler car elle me cadrait.
Mais ça a fonctionné car j’ai toujours été appliqué et dans les 5 meilleurs de ma classe même si, sur la fin du lycée, ça a commencé à moins marcher et à déconner. Ca correspondait à ma période basket et aussi au moment où je me suis installé seul. Donc beaucoup de choses à gérer d’un coup. C’était pas au meilleur moment car j’ai un peu ramé pour avoir mon bac scientifique mais j’l’ai eu.

maisTon premier job
J’ai fait les maïs l’été de mes 16 ans. J’étais chef de rang car j’étais grand (rires) ! C’était assez dur et fatiguant mais bien payé à l’époque. Il fallait se lever tôt et bosser en plein soleil mais il y avait une bonne ambiance donc c’était cool.

 

 

Une journée sans basket
Déjà je dors beaucoup, jusqu’à 10h30 ou 11h. Quand je me lève, je vais m’occuper de mon fils, jouer avec lui, le changer... la routine de papa quoi !
J’aime bien les trucs pépères comme me caler devant la télé ou l’ordinateur, me promener avec ma famille. Beaucoup de repos en fait !

Si tu ne jouais pas au basket, la reconversion
J’aime bien tout ce qui est journalisme alors pourquoi pas. J’aime bien aussi le marketing donc ça peut être une piste aussi. Mais pour le moment, je n’en ai encore aucune idée.

Ta famille
J’ai rencontré ma copine il y a maintenant 3 ans et demi. On a eu un fils le 28 février dernier, en pleine saison. Ca change la vie mais c’est un gros bonheur ! En plus, je suis bien content que ce soit un garçon (rires) !
Ca te fait grandir vite en tout cas : au début, tu te regardes dans la glace et tu te dis « J’suis papa ! » mais tu t’habitues, tu mûris vite !
J’ai toujours ma mère, mon petit frère de 20 ans et toute ma famille qui sont à Toulouse. Je vais les voir le plus souvent possible. Mon frère n’est pas du tout dans le basket mais dans la musique. C’est un artiste (rires).

Une tenue préférée
Toujours une tenue simple, dans laquelle je me sens bien style baggy et t-shirt blanc. S’il faut mettre un smoking, je le mettrai mais c’est pas ce qui remplit mon armoire.

Un CD
Je vais prendre du rap français style Lunatic, mauvais œil. Je sais que c’est plus trop académique tu vois, mais ça m’a bercé et si je dois en prendre qu’un, ce sera celui-là.

 

 

Un film
bon brute truandJ’hésite entre Usual suspects et Les affranchis… Ah non ! La bon, la brute et le truand bien sûr ! C’est largement mon film préféré, j’suis un malade d’l’avoir oublié ! J’ai vu tous les films de Sergio Leone, je kiffe depuis que je suis tout jeune.
Quand j’étais gamin, je regardais les westerns avec John Wayne et je ne comprenais pas pourquoi ils étaient toujours propres, bien sapés. C’est quoi ce délire !? Ils vivent dans un milieu de fou et ils sont cleans ! Et quand j’ai découvert les westerns spaghettis, je me suis dit, c’est ça la réalité ! Ils étaient amochés, avec des sales gueules, plein de transpiration (rires) !
Avec la musique de Morricone en plus, ça fait des chefs-d’œuvre ! Le bon, la brute et le truand, j’lai vu je ne sais combien de fois mais c’est toujours le même plaisir ! Si ça passe à la télé demain, je le regarde, c’est ça qui est grave (rires).

livreUn livre
Je pense à la biographie de Mohamed Ali, The greatest. C’est le livre qui m’a le plus retourné ! Tu rentres dans son intimité, tu découvres la vie d’un champion, tout ce qu’il a traversé. A lire !
Entre le livre et le film avec Will Smith, y a pas photo. Dans le livre, il y a plein d’anecdotes pour cerner le personnage, comprendre le racisme aux Etats-Unis à cette époque, son passage à l’Islam.

 

Un magazine ou un journal
Peut- être L’Equipe mais je ne suis pas un assidu. C’est comme pour BasketNews, je suis plus du genre « Ah tiens, tu l’as acheté, passe le moi ! » Mais si je le vois, je l’achète.
equipeJ’achète plus L’Equipe car je suis le foot de près. Je regarde les résultats, les transferts, les jeunes… Tu pourras pas me l’enlever car c’était ma première passion. Olive & Tom et toute cette période, c’est gravé dans mon disque dur, ça fait partir de moi, c’est foutu (rires) !

Ta dernière folie
pt cruiserJ’suis plutôt sage, j’en fais pas trop. Peut-être m’être tapé un aller-retour à Toulouse dans la journée pour aller voir mon frère car j’ai un PT Cruiser qui consomme trop et j’ai claqué pas mal de thunes sur le coup ! Surtout pour une seule soirée (rires) !

ile mauriceile mauriceDeux ou trois destinations où tu aimerais aller ou retourner
On est parti avec ma copine à l’île Maurice car elle en est originaire et j’ai kiffé. C’est beau et super calme car pas encore trop touristique. J’aimerai bien y retourner.

 

 

Un surnom
A la base, les gars de l’équipe m’appelait « Doons », une sorte de mix entre Dounia et Issa. Depuis la naissance de mon fils, ils m’appelent « Daddy Doons » et j’aime bien, j’l’avais inscrit sur mon maillot au Quai 54.

Trois choses à sauver en cas d'incendie
ordinateurMon téléphone, ma carte bancaire… et mon ordi portable. Je suis à fond nouvelles technologies comme internet, téléchargements, musique, jeux vidéo… Tout est dans mon téléphone donc si j’le perds, j’suis mal ! D’ailleurs, petit coup de gueule à Moussa Badiane (Chalon, ex-Clermont) qui l’an dernier m’a bouzillé mon ordi (rires) : il me le prend pour aller dans la chambre et il revient dans le salon en me disant « Hé, l’ordi ne marche plus ! » (rires). Comment ça il marche plus ?! Le disque dur rempli de 60Go était naze et j’ai tout perdu ! Mais j’lui en veux pas, c’était juste le facteur poisse (rires).

Ton principal trait de caractère
J’suis un mec positif, j’aime bien communiquer, aller vers les gens. J’vais de l’avant et j’essaie de garder que le positif de ce qui m’arrive.

Et celui dont tu es le moins fier
J’suis un peu trop fier. Des fois, même si j’ai tort, je mets du temps à le dire.

Une habitude avant les matches
A la maison avant les matches, je mange toujours un peu les mêmes choses, aux mêmes heures…

Une habitude après les matches
J’ai du mal à dormir quelque soit le match, bon ou mauvais. Avant je sortais avec des potes, j’allais faire un tour mais souvent je reste chez moi à jouer à la console ou regarder la télé ou des matches jusqu’à pas d’heure !
En tout cas, j’ai beaucoup de mal à dormir. Même dans le bus, j’dors une heure à tout casser. Je regarde les autres dormir mais je dors pas !

Ce que tu changerais dans ta vie
Etre un peu moins fier mais, sur ma vie, je ne changerai rien. Les expériences que j’ai vécu, c’est ce qui fait ma personnalité aujourd’hui.

Ce qui te met de mauvais poil
La mauvaise foi des gens ! Ceux qui ont tort mais veulent prouver par A+B qu’ils ont raison.