AccueilJAV EntreprisesUn club, un territoire, une belle histoire

Un club, un territoire, une belle histoire

Un club, un territoire, une belle histoire

Retrouvez cette semaine, un reportage sur l'entreprise "JAV", dans les carnets économiques du territoire, publié par Vichy Val d'Allier, qui est parti à la rencontre du club et de son président...

S'il est une belle épopée dans le bassin de Vichy qui a toute sa place dans les Carnets Économiques du Territoire, il s'agit sans aucun doute de ces trois lettres tonitruantes qui drainent régulièrement les foules vers la liesse populaire et l'histoire que tout le monde a en partage : JAV. Ce nom historique, né en 1914 avec la gymnastique et l'éducation physique comme les deux activités sportives initiales (la section Basket-Ball n'étant créée qu'en 1934), est devenu désormais emblématique, indubitablement associé à la vie de l'agglomération de Vichy. Rencontre avec Jean-Christophe Jonon, président de la JAV.

 

 

Tout le monde le connaît pour sa liberté de langage et son franc-parler, pour ses petites gueulantes parfois devenues célèbres, mais aussi pour sa marotte et son dévouement absolu pour le club jaune et vert. Et nul n'est sans savoir que cet homme fait partie de ceux qui ont donné toute leur noblesse aux trois lettres sacrées. « Même si mes prédécesseurs ont fait un excellent travail, quand je suis arrivé à la présidence du club j'ai repris une JAV presque moribonde. J'ai finalement agi comme un soufflet sur une forge, et ceci est exactement mon rôle : j'ai dépoussiéré, soufflé dessus, et la JAV est repartie », explique Jean-Christophe Jonon.

Il est derrière les succès de l'équipe qu'il préside depuis 1998, dont il fait partie depuis 1982 et qu'il suit depuis sa tendre enfance : en un sens, Jean-Christophe Jonon est à la JAV ce que la JAV est à Jean-Christophe Jonon. « Comme tous les Vichyssois, je suis né dans la JAV, j'ai grandi avec ses épopées et ses trophées de haut niveau. Et c'est grâce à ces liens forts qui remontent à mon enfance que je me retrouve, je pense, à cette place aujourd'hui. Cependant, depuis que je suis passé de l'autre côté, j'ai décidé de m'affranchir de toutes sortes de pression : qu'il s'agisse d'insultes ou de flatteries. Contrairement au public passionné, qui voudrait que la JAV gagne à tous les coups, un président, selon moi, doit accepter aussi les défaites. La passion n'est pas mon métier, ni l'acharnement d'ailleurs. J'ai un rôle bien précis : celui de prendre les bonnes décisions au bon moment pour la réussite de l'équipe et de l'entreprise ». Effectivement, la raison qui amène les supporters c'est la passion, l'amour du club et du sport. Et, c'est bien connu, l'amour n'est pas tout le temps raisonné et les supporters ne sont pas toujours les plus fair-play même si le public thermal est merveilleux.

Mais Jean-Christophe Jonon insiste, il s'interdit toute passion : « Je ne suis pas un passionné de la JAV aujourd'hui, j'en suis le président. Par conséquent ma préoccupation première est de propulser le club le plus loin possible, de trouver une solution réfléchie et efficace à chacun de ses problèmes en mettant mon égo et mes états d'âmes de côté. Et pour réussir cette mission, il faut travailler sereinement et opter pour les décisions qui prennent en considération tous les bords : les spectateurs et tous les publics, les politiques, les collectivités, l'économie et la finance de l'entreprise, etc. Il faut aussi avoir les reins solides lorsque les critiques pleuvent, car la JAV est une grande joie, mais aussi une souffrance. »

 

1970 : une année de folie et de grands exploits

 

Dans les cafés et les bistrots, lors des dîners de famille, au travail ou à chaque coin de rue, chacun à quelque chose à dire, à raconter, à revendiquer dès qu'il est question de basket dans le bassin de Vichy. Car le territoire vit souvent au rythme des exploits des hommes de Jean-Christophe Jonon, il vibre avec les montées et les descentes de la JAV, au gré de ses victoires aussi et de ses défaites. Parfois ça gueule, certes, d'autres fois, et souvent même, le public est de tout cœur avec son club. Cela dure depuis longtemps, des décennies ; mais si une seule date devait être évoquée, ce serait évidemment ce fameux printemps de 1970, lorsque la JAV a accédé à la finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe. Et ça, ça marque : au-delà du territoire de Vichy et de l'Auvergne, c'est le basket français qui, cette année-là, a gagné ses lettres de noblesse grâce à l'exploit des grands Javistes qu'étaient Besson (capitaine), Benett, Schol, Robertson, Vilela et les autres. En 1970 justement, lors du match de la demi-finale face à l'AEK Athènes, c'étaient 70.000 spectateurs qui peuplaient le stade olympique de la capitale hellène pour cette rencontre au sommet, entrée depuis dans l'histoire du basket. Oui, 70.000 supporters pour applaudir et acclamer haut et fort les Thermaux. C'est à croire que les deux équipes se sont plutôt livré un match de football ce jour-là ! Et comme tout le monde, celui qui préside la JAV aujourd'hui en parlait aussi avec les copains à l'école : récréation ou pas ! Il avait onze ans à l'époque, mais Jean-Christophe Jonon était déjà un fervent supporter de l'équipe portée au sommet par Djordje Andrijasevic, l'entraîneur qui avait déjà fait ses preuves sur les terrains yougoslaves. Le préadolescent avait déjà ses idoles. Il avait vécu le double sacre du club en coupe de France (1969 et 1970), avant de vivre dans une grande excitation l'aventure de la coupe d'Europe. Oui, la JAV est une belle histoire territoriale qui s'écrit maintenant depuis plusieurs décennies.

 

Et Jean-Christophe Jonon, qui a choisi son sport favori depuis qu'il était môme - même s'il ne sera jamais licencié à la JAV-, a fini par associer le club à sa carrière professionnelle. « Après mes études à l'école de kiné de Vichy, tout jeune diplômé on m'a proposé de remplacer momentanément André Ferrier en 1982, le kinésithérapeute du club. Un an plus tard, le 8 août 1983 précisément, je le remplace définitivement pour devenir le kiné bénévole officiel de la JAV », raconte-t-il. C'est avec les Javistes qu'il fera ses premières armes en tenant parallèlement son propre cabinet. Mais il ne savait pas que les trois lettres emblématiques allaient désormais se superposer à son destin. « J'étais le fils de la JAV, j'en suis aujourd'hui le papa en quelque sorte. Mais la force de notre club vient surtout du lien intergénérationnel très fort qu'il maintient dans l'agglomération depuis très longtemps. C'est un peu l'histoire qu'on se passe de père en fils, et cela ne s'arrêtera jamais ! », rappelle le président.

 

L'entreprise JAV : toute une économie territoriale

 

Derrière les maillots jaunes et verts des grands gaillards, derrière leur show habituel au Palais des Sports Pierre Coulon et les hourras incessants du public, il ne faut pas oublier que la JAV est aussi une entreprise. La PME de 20 salariés, dirigée par Jean-Christophe Jonon, tourne avec un budget approchant 2,5 M. € : 45% issus des recettes de sponsoring, 33% des subventions des 4 collectivités (mairie de Vichy, Vichy Val d'Allier, Conseil Général et Conseil Régional), 15% des recettes Spectacle et 7 % des droits TV et autres. Mais, selon le PDG, l'argent de la JAV est directement réinjecté dans l'économie locale : « Sur les 2,5 M. €, 580.000 € constituent les salaires des joueurs (qui vivent dans le bassin de Vichy et y font leurs différents achats) tandis que tout le reste est redistribué en charges sociales et impôts, en dépenses de toutes sortes du club et de l'entreprise également auprès de nos partenaires. C'est en ce sens que nous participons à la dynamisation de l'économie locale. Sans oublier aussi que les soirs de match les recettes des commerces enregistrent une forte croissance (restaurants, hôtels…). Finalement, il y a un vrai lien social intergénérationnel, une grande joie populaire liée à la JAV et de bons fruits économiques en découlent », conclut Jean Christophe Jonon.

 

Depuis sa naissance, le club a toujours créé l'événement dans la vie de l'agglomération, toujours fédéré et rassemblé des personnes de toutes parts et de tous âges. A l'avenir, son évolution ne peut finalement que renforcer et encourager, davantage encore, le rapprochement entre les partenaires publics (collectivités) et les partenaires privés (entreprises). C'est alors une nouvelle page de la belle histoire qui commencera à s'écrire à l'approche du centenaire de la Jeanne d'Arc Vichy…

 

Prochain match au Palais des Sports Pierre Coulon : JAV - Nancy (le 22 janvier)


 

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